Jack Daniel's lance ce 16 octobre 2026 la deuxième édition belge de The Boulevardier Remixed. Le principe : proposer une interprétation personnelle du Boulevardier, un cocktail classique associant traditionnellement whiskey, vermouth rouge et bitter italien.
Mais cette fois, la recette ne suffit pas. Les participants doivent construire une création qui fait dialoguer les saveurs, la personnalité du bartender et une inspiration musicale.
The Boulevardier Remixed : de quoi parle-t-on exactement ?
Le rendez-vous est fixé au 30 novembre 2026, chez Under The Stairs, au Corinthia Grand Hotel Astoria Brussels. Dix bartenders seront en compétition, trois recevront une récompense et le grand gagnant se verra offrir un voyage au Tennessee, prévu en août 2027.
Le programme annoncé comprend notamment une visite de la distillerie Jack Daniel's à Lynchburg et une découverte de la scène musicale et cocktail de Nashville. Les inscriptions se terminent le 16 novembre.
Les critères précis de sélection et la grille d'évaluation officielle ne figurent pas dans les informations communiquées à Horeca Talk. Ils devront être consultés dans le règlement avant toute participation.
Revisiter un Boulevardier : un exercice technique plus exigeant qu'il n'y paraît
Pourquoi choisir le Boulevardier ? Parce qu'il s'agit d'un cocktail relativement simple dans sa construction, mais exigeant dans son équilibre.
La recette de référence de l'International Bartenders Association prévoit 45 ml de bourbon ou de rye whiskey, 30 ml de Campari et 30 ml de vermouth rouge doux. Trois ingrédients seulement. Cette simplicité laisse peu de place aux approximations.
Le bartender doit comprendre le rôle de chaque composant : la structure apportée par le whiskey, l'amertume du Campari, la douceur et la complexité aromatique du vermouth. À cela s'ajoutent des paramètres essentiels : la dilution, la température, la texture et la persistance en bouche.
Modifier un ingrédient peut transformer l'ensemble. Remplacer un whiskey, travailler une infusion ou ajouter un élément aromatique ne suffit pas à créer une recette cohérente. Chaque intervention doit avoir une fonction.
Un cocktail peut être original sans être équilibré. Apprendre à justifier ses choix plutôt qu'à multiplier les effets : c'est l'un des apprentissages qu'offre ce type de concours.
Musique et mixologie : du storytelling, oui, mais avec une vraie logique
Le lien avec la musique constitue la particularité de The Boulevardier Remixed. Ce choix s'appuie sur une histoire réelle : en 1892, Jack Daniel fonde la Silver Cornet Band, une fanfare composée de dix musiciens de Lynchburg. L'association entre la marque et la musique précède donc largement ses liens plus récents avec le rock et la country.
Mais comment passer de cette histoire à une création cocktail ? Un morceau de musique ne possède évidemment pas une saveur objective. En revanche, il peut évoquer des sensations : tension, douceur, énergie, nostalgie, chaleur ou légèreté.
Pour construire une recette, le bartender peut partir de trois questions :
- Quelle émotion ou atmosphère le morceau évoque-t-il ?
- Quels ingrédients et quelles techniques peuvent traduire cette intention ?
- L'expérience fonctionne-t-elle encore lorsque la musique s'arrête ?
Cette dernière question est probablement la plus importante. Le storytelling doit enrichir le cocktail, pas compenser ses faiblesses.
Under The Stairs : quand l'identité d'un bar devient une expérience
Installé sous l'escalier monumental du Corinthia Brussels, rue Royale, Under The Stairs est un cocktail bar imaginé par Hannah Van Ongevalle, connue notamment pour son parcours avec The Pharmacy à Knokke. Le bar développe une approche où les cocktails dialoguent avec la mode, l'art, la musique et les références culturelles.
Sa carte Disco Royalty en fournit un exemple concret. On y retrouve notamment C'est Chic, inspiré du groupe Chic, ou I Feel Love, en référence à Donna Summer. Il ne s'agit pas simplement de donner un nom musical à une boisson : l'univers choisi influence la manière de présenter la création et de construire l'expérience du client.
Une carte signature devient plus lisible lorsqu'elle possède une véritable direction créative.
Mais cette direction doit rester compatible avec les réalités du service : mise en place, formation, disponibilité des ingrédients, coût matière et constance d'exécution. Under The Stairs illustre bien le thème de la compétition, sans qu'il faille confondre son propre concept avec le règlement du concours.
Pour un bartender, que peut réellement apporter une compétition ?
Une compétition professionnelle peut constituer un accélérateur d'apprentissage. Elle impose une échéance, oblige à formaliser une idée et confronte le participant à un regard extérieur. Le travail mobilise plusieurs compétences :
- La recherche et le développement : tester des ingrédients, comparer des techniques, analyser les résultats et documenter les essais.
- La connaissance des produits : comprendre les spiritueux, leurs méthodes de production et leur rôle dans une construction aromatique.
- La communication professionnelle : présenter une création, défendre ses choix et rendre son travail compréhensible.
- La gestion du stress : exécuter une prestation dans un environnement différent de son bar habituel.
- Le réseau professionnel : rencontrer d'autres bartenders, échanger sur les pratiques et découvrir d'autres approches du métier.
Ces bénéfices restent potentiels. Ils dépendent de la qualité de l'organisation, de l'accompagnement et de l'implication du participant. Et ils ne sont pas réservés aux gagnants : un bartender peut ne pas monter sur le podium et repartir avec une meilleure compréhension de son métier. Encore faut-il prendre le temps d'analyser l'expérience après le concours.
Pour l'employeur : une opportunité de formation, mais pas à n'importe quel prix
Lorsqu'un bartender participe à une compétition, l'établissement qui l'emploie peut être directement concerné. Développement de la recette, essais, ingrédients, déplacements, répétitions, préparation du matériel : tout cela demande du temps et mobilise des ressources.
Dans un petit bar où chaque membre de l'équipe joue un rôle essentiel pendant le service, cette mobilisation doit être anticipée. La participation peut avoir du sens si elle s'inscrit dans une démarche de progression professionnelle. Mais elle ne doit pas devenir une charge invisible.
Il ne s'agit pas de transformer chaque concours en opération financière. Mais un exploitant doit savoir ce qu'il investit : le coût des matières utilisées, le temps de travail consacré au projet et les éventuels frais complémentaires.
À l'inverse, il serait trompeur d'attribuer automatiquement une hausse de fréquentation ou de chiffre d'affaires à une participation au concours. Une publication Instagram, quelques nouvelles relations professionnelles ou une visibilité auprès d'une marque ne constituent pas, à eux seuls, une preuve de retour financier.
Comment transformer une compétition en formation pour toute l'équipe ?
Le risque est simple : le bartender prépare son concours, vit son expérience, puis revient au bar. Et tout s'arrête là. Pourtant, les apprentissages peuvent profiter à l'ensemble de l'établissement.
Avant le concours, le responsable peut organiser une dégustation interne et demander au participant de présenter sa démarche. Après l'événement, une courte restitution permet d'identifier ce qui a été découvert : techniques, ingrédients, erreurs rencontrées, méthodes de présentation ou nouvelles connaissances professionnelles.
Certaines idées pourront être adaptées à la carte. D'autres n'auront aucun intérêt commercial immédiat, mais enrichiront la culture de l'équipe. Ce partage évite de concentrer toute l'expertise entre les mains d'une seule personne, et reconnaît le travail du collaborateur sans réduire sa progression à un classement.
L'un des meilleurs résultats possibles est parfois très concret : une équipe qui comprend mieux ses produits, travaille plus régulièrement et sait davantage expliquer ce qu'elle sert.
Les marques de spiritueux ont aussi un rôle à jouer
The Boulevardier Remixed est une compétition organisée par Jack Daniel's. Il s'agit donc également d'une activation de marque. Ce n'est pas un problème en soi : les marques et distributeurs contribuent depuis longtemps à la formation, à la circulation des connaissances et à l'organisation de rencontres professionnelles dans le secteur des boissons.
Mais les intérêts de chacun doivent être clairement identifiés :
- La marque cherche notamment à développer sa présence et ses relations avec la communauté bartending.
- Le professionnel cherche à apprendre, à progresser et à faire reconnaître ses compétences.
- L'établissement peut espérer renforcer l'expertise de son équipe et ses relations avec le secteur.
Une collaboration intéressante est celle dans laquelle ces trois dimensions trouvent leur place. La qualité d'un concours se mesure donc aussi à la transparence de son règlement, à la pertinence de ses critères, au respect des participants et aux opportunités offertes au-delà des récompenses.
Le véritable intérêt : ce qui reste après la compétition
Le voyage au Tennessee constitue évidemment une récompense attractive. Découvrir Lynchburg, comprendre la production du Tennessee whiskey et explorer la scène cocktail de Nashville peut enrichir le parcours d'un professionnel. Mais une compétition ne devrait pas être évaluée uniquement à travers son premier prix.
Pour Horeca Talk, l'enjeu le plus intéressant est ailleurs. Les participants ont-ils développé de nouvelles compétences ? Ont-ils rencontré des professionnels avec lesquels ils pourront continuer à échanger ? Le concours leur a-t-il permis de mieux comprendre leur métier, leurs forces et les points qu'ils doivent encore travailler ? Et les établissements ont-ils réellement bénéficié de cette expérience ?
Ces questions dépassent largement The Boulevardier Remixed. Elles concernent toutes les initiatives professionnelles qui prétendent soutenir le secteur horeca.
Un bon concours ne devrait pas seulement récompenser un talent. Il devrait aussi lui permettre de progresser.
C'est cette dimension que nous suivrons avec intérêt lors de l'édition 2026.
FAQ : concours de cocktails et bartending en Belgique
Comment participer à un concours de cocktails en Belgique ?
Il faut consulter les conditions publiées par l'organisateur : profil admissible, éventuelles contraintes sur les spiritueux utilisés, date limite, modalités de sélection et pièces demandées. Pour The Boulevardier Remixed 2026, les inscriptions sont annoncées jusqu'au 16 novembre via le formulaire officiel.
Comment préparer un cocktail pour une compétition ?
Commencer par maîtriser la recette de référence, puis définir une intention créative. Documenter les essais, mesurer les ingrédients, contrôler la dilution et la température, tester l'équilibre et répéter la présentation. Il faut également respecter les critères propres à chaque concours.
Participer à un concours de bartending est-il utile pour sa carrière ?
Cela peut l'être. Les compétitions offrent des occasions de développer ses compétences, de rencontrer d'autres professionnels et de présenter son travail. Les bénéfices ne sont toutefois ni automatiques ni garantis par une place sur le podium.
Un employeur doit-il financer la préparation de son bartender ?
Il n'existe pas de réponse unique. Cela dépend notamment du cadre de participation, des accords entre l'employeur et le collaborateur, de l'organisation du travail et des conditions du concours. Les modalités de rémunération et de remboursement des frais doivent être clarifiées au préalable.
Quelle est la recette classique du Boulevardier ?
Selon l'International Bartenders Association, la recette associe 45 ml de bourbon ou de rye whiskey, 30 ml de Campari et 30 ml de vermouth rouge doux. Les ingrédients sont mélangés avec de la glace puis filtrés dans un verre refroidi.
Pourquoi les marques organisent-elles des concours de bartenders ?
Ces événements peuvent favoriser la connaissance des produits, renforcer les relations professionnelles et donner de la visibilité aux talents. Ils participent aussi à la stratégie marketing des marques. L'intérêt professionnel dépend notamment de la qualité de l'organisation et des possibilités réelles d'apprentissage.
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Sources
- Jack Daniel's / Brown-Forman Belgium, informations de lancement de The Boulevardier Remixed 2026, communiquées le 16 octobre 2026.
- Jack Daniel's Storytelling Playbook, document de référence de la marque, notamment sur la Silver Cornet Band et l'histoire de la distillerie.
- International Bartenders Association, recette officielle du Boulevardier : iba-world.com
- Corinthia Brussels, présentation officielle d'Under The Stairs et de la carte Disco Royalty : corinthia.com
- Unisono, règles relatives à la diffusion de musique dans les établissements et événements professionnels : unisono.be
Note méthodologique : cet article propose une analyse professionnelle à partir des informations communiquées par l'organisateur et de sources documentaires vérifiées. Les grilles de préparation et recommandations opérationnelles sont des outils éditoriaux proposés par Horeca Talk. Elles ne constituent pas le règlement ni les critères de jugement officiels de The Boulevardier Remixed.
Photos : visuels officiels Jack Daniel's, Brown-Forman. L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. À consommer avec modération.




