Cinema Culinair à Gand : comment fonctionne le concept ?

Vendredi 2 octobre 2026, Murphy pousse les portes de Eskimofabriek à Gand.

À l’intérieur, difficile de parler simplement de restaurant ou de cinéma.

La vaste ancienne usine textile accueille des tables dressées, plusieurs écrans, un bar, une lumière volontairement basse et, ce soir-là, environ 150 personnes venues voir The Menu, le film de Mark Mylod sorti en 2022.

Le principe de Cinema Culinair tient en une phrase : « What you see is what you eat. »

Billets et supports imprimés remis à l’entrée de Cinema Culinair à l’Eskimofabriek de Gand.
Les supports remis à l’arrivée installent immédiatement l’univers de Cinema Culinair. Photo : Murphy Vanmol, Up For It.

Lorsqu’un plat apparaît dans le film, les convives mangent le plat correspondant au même moment. L’organisateur parle d’un véritable script culinaire destiné à la cuisine et au service. Pour The Menu, sept séquences sont prévues, chacune synchronisée avec une scène précise. L’objectif revendiqué est une dégustation à la seconde près.

Le concept ne date pas d’hier. Une première expérience de film et de nourriture apparaît à Rotterdam en 2008. Cinema Culinair est ensuite officiellement créé en 2013, avant de se développer dans plusieurs villes néerlandaises. Le passage en Belgique intervient en 2025 avec des événements à Gand et Anvers. En juillet 2026, l’organisation annonçait avoir accueilli son 100 000e visiteur.

Ce qui ressemble à un joli gimmick de sortie du vendredi soir cache donc un concept déjà structuré, répété et développé à une échelle significative.

Et c’est là qu’il devient intéressant pour l’horeca.

Écran de Cinema Culinair annonçant The Menu, film et dîner en sept services à Gand.
The Menu est présenté comme un film et dîner en sept services. Photo : Murphy Vanmol, Up For It.

Le spectacle visible repose sur une mécanique presque invisible

À son arrivée, Murphy reçoit un petit paquet de popcorn, puis passe par le bar avant de rejoindre sa table.

Softs, bières, vins et cocktails sont disponibles. Lors de cette représentation, le bar ferme une fois le film commencé. Les consommations doivent donc être anticipées.

Pour le client, la règle peut sembler contraignante.

Pour un professionnel, elle raconte autre chose.

Pendant la projection, l’équipe ne gère pas seulement des tables. Elle doit envoyer sept services à une salle entière selon un tempo qui ne lui appartient plus.

Dans un restaurant classique, une cuisine peut parfois récupérer trois minutes, ralentir une table, avancer une autre, demander au service de temporiser ou décaler un envoi.

Ici, impossible.

Le film ne va pas patienter parce que la Saint-Jacques prend du retard.

Avec environ 150 convives et sept services, la soirée représente de l’ordre de 1 000 portions à produire, dresser, transporter et déposer dans une fenêtre temporelle extrêmement étroite. Murphy le décrivait dans son premier compte rendu comme « une véritable machine » qui se met en route en cuisine.

C’est probablement ce qui nous impressionne le plus dans le concept.

La synchronisation n’est pas un élément marketing ajouté au service. Elle organise tout le service.

La carte doit être anticipée. La mise en place doit absorber le volume. Les équipes doivent connaître la séquence. Les boissons sont commandées avant certaines phases critiques. Les déplacements doivent être réduits pendant la projection. Le débarrassage doit composer avec l’expérience du spectateur.

La contrainte ne vient pas perturber le concept.

La contrainte est le concept.

Toute la salle devient une seule table

C’est presque l’inverse du mouvement observé dans beaucoup de restaurants contemporains.

On parle beaucoup de personnalisation, de flexibilité, d’adaptation et de parcours individualisé.

Cinema Culinair fait autre chose : il synchronise les clients.

À un instant précis, toute la salle doit être prête à goûter.

L’organisateur utilise un compte à rebours pour déclencher la dégustation. Le plat se trouve devant le convive, le moment arrive à l’écran, 5, 4, 3, 2, 1, on mange.

Le site officiel décrit exactement cette mécanique.

Cette standardisation pourrait sembler froide sur un tableur.

Dans la salle, elle produit au contraire un effet collectif.

Tout le monde attend le même moment. Tout le monde découvre le plat simultanément. Le service devient une partie de la dramaturgie.

Pour l’horeca, c’est une bonne piqûre de rappel : standardiser ne signifie pas nécessairement déshumaniser.

Une procédure bien construite peut justement permettre une expérience que l’improvisation rendrait impossible.

Carte du menu The Menu détaillant les sept services de Cinema Culinair à Gand.
La carte annonce les sept séquences culinaires synchronisées avec le film. Photo : Murphy Vanmol, Up For It.

Dans l’assiette : sept plats qui suivent le film

Le menu de The Menu reprend les plats et les séquences du film.

On commence par une huître avec caviar de fruits, puis une salade de concombre et melon, une Saint-Jacques, Memory autour d’un poulet mariné, Mergpijpje, Tyler’s Bullshit avec une côtelette d’agneau, puis le mini cheeseburger final. Des variantes végétariennes sont prévues pour plusieurs services.

Côté assiette, le bilan de Murphy est largement positif.

L’huître et ses perles fruitées ouvrent particulièrement bien le menu. On retrouve l’iode, l’acidité et le sucre avec suffisamment de contraste pour capter immédiatement l’attention.

La salade de concombre et melon semble presque sage juste après.

Prise isolément, Murphy l’a trouvée un peu fade.

Replacée dans la succession des plats, elle devient plus compréhensible : elle remet les papilles à zéro avant la Saint-Jacques.

C’est une nuance intéressante.

Dans une expérience scénarisée, un plat n’a pas nécessairement pour fonction d’être le plat le plus spectaculaire de la soirée. Il peut aussi servir de transition.

Ce principe existe évidemment depuis longtemps dans les menus gastronomiques. Ici, il devient particulièrement visible parce que la progression culinaire doit aussi épouser celle du film.

Le storytelling fonctionne mieux quand il est dans l’assiette

Le mot « storytelling » est utilisé partout dans l’horeca.

Parfois beaucoup trop.

Mettre trois lignes sur le producteur de tomates sous un plat ne transforme pas automatiquement un dîner en narration.

Cinema Culinair montre une différence essentielle : ici, l’histoire ne vient pas commenter le repas après coup.

Le repas participe à l’histoire.

Le plat apparaît à l’écran, arrive devant le client puis devient un élément sensoriel supplémentaire du récit.

Cette logique se retrouve désormais dans d’autres expériences de cinéma culinaire à l’étranger. Aux États-Unis, un opérateur du même type annonce plus de 56 000 billets vendus, plus de 35 films exploités et une présence dans cinq villes. Au Royaume-Uni, des expériences comparables commercialisent des menus de cinq à sept services synchronisés avec des films populaires.

Le principe n’est donc plus une curiosité isolée.

Il s’inscrit dans un mouvement plus large où le restaurant et l’événementiel empruntent de plus en plus au spectacle.

Des spécialistes de l’hospitality parlent d’ailleurs d’une évolution structurelle : le restaurant n’est plus seulement en concurrence avec d’autres restaurants, mais aussi avec les loisirs, les événements et toutes les expériences auxquelles un client peut consacrer son budget disponible.

Un bon concept ne sauve pas une mauvaise assiette

C’est peut-être la limite la plus importante de tout le modèle.

L’expérience peut faire venir le client.

Le décor peut déclencher une réservation.

Une vidéo spectaculaire peut circuler sur Instagram ou TikTok.

Mais à un moment, il faut manger.

Et si le contenu de l’assiette ne tient pas la promesse, tout l’habillage devient contre-productif.

Sur ce point, Cinema Culinair s’en sort bien lors de la soirée testée par Murphy.

Les plats sont propres, cohérents et suffisamment bien exécutés pour que l’expérience ne repose pas uniquement sur son idée.

Une réserve concerne néanmoins le mini cheeseburger final. La cuisson de celui servi à Murphy aurait gagné, selon lui, à être légèrement plus poussée.

C’est volontairement formulé ainsi.

Nous ne savons pas ce qu’en pensaient les 150 personnes de la salle et nous n’allons pas transformer une préférence personnelle en consensus imaginaire.

C’est le genre de distinction auquel HorecaTalk tient : un ressenti terrain est une information utile, à condition de rester un ressenti terrain.

Cartes illustrées des plats servies pendant la projection de The Menu chez Cinema Culinair.
Les cartes prolongent le récit culinaire et permettent d’identifier chaque séquence. Photo : Murphy Vanmol, Up For It.

Lumière : quand deux expériences clients entrent en conflit

L’éclairage constitue un autre cas particulièrement intéressant.

Pour regarder un film, il faut de l’obscurité.

Pour observer un plat, identifier ses différents éléments et apprécier le travail de dressage, un peu de lumière aide considérablement.

Cinema Culinair doit donc faire cohabiter deux besoins qui ne sont pas naturellement compatibles.

Lors de cette soirée, Murphy aurait volontiers ajouté quelques lux à l’équation.

Ou, pour conserver sa formulation initiale, quelques candelas de plus n’auraient fâché personne.

L’ambiance fonctionne visuellement, mais elle rend parfois difficile l’analyse de ce qui se trouve réellement dans l’assiette.

Ce n’est pas un détail esthétique.

Des travaux récents sur l’expérience de restauration rappellent que la perception d’un repas ne dépend pas uniquement du contenu de l’assiette. Nourriture, service et ambiance forment un ensemble, et chacun de ces éléments peut modifier l’expérience du client.

La question professionnelle devient donc intéressante :

l’ambiance que nous créons met-elle notre produit en valeur ou finit-elle par lui faire concurrence ?

Le son : le point faible de la soirée

Sur la diffusion vidéo, Murphy ne relève pas de problème majeur.

Quatre écrans permettaient de suivre correctement le film depuis les différentes zones de la salle.

Le son est plus problématique.

Murphy Vanmol ayant une expérience technique dans ce domaine, son ressenti va un peu plus loin qu’un simple « on entendait mal ».

Son diagnostic reste néanmoins formulé avec prudence : une probable mauvaise gestion de certaines fréquences, combinée à la forte réverbération de la salle, rendait certains dialogues difficiles à comprendre.

Sans mesures acoustiques effectuées sur place, il serait abusif d’en déterminer la cause exacte.

L’effet, lui, était perceptible.

Les sous-titres néerlandais ont régulièrement servi de filet de sécurité.

Et dans un concept comme celui-ci, la question mérite beaucoup plus d’attention qu’elle n’en aurait dans un restaurant classique.

Le son n’est pas un accessoire technique.

Il fait partie du produit.

Si le client doit comprendre le récit pour comprendre ce qui arrive dans son assiette, une perte d’intelligibilité devient aussi une perte d’expérience culinaire.

Pour les exploitants de lieux événementiels, la leçon est assez claire : on voit immédiatement un écran trop petit ou un éclairage raté. Une mauvaise acoustique est plus sournoise. Elle peut rester invisible pendant toute la préparation et ne devenir évidente qu’une fois 150 personnes assises dans la salle.

Peut-on vraiment manger et suivre un film en même temps ?

C’est le paradoxe le plus intéressant de la soirée.

Le plat arrive.

On veut le regarder.

On cherche les éléments.

On goûte une première bouchée.

On compare avec ce qui se passe à l’écran.

Et pendant ce temps, le film continue.

Murphy n’avait jamais vu The Menu auparavant. Il a donc parfois eu le sentiment de perdre des informations importantes du récit au moment même où il cherchait à profiter pleinement de son assiette.

Autrement dit :

plus le dîner devient intéressant, plus il entre en concurrence avec le film pour capter l’attention.

C’est loin d’être anecdotique.

Dans l’hospitality expérientielle, l’attention devient une ressource aussi importante que l’espace ou le temps.

Un établissement peut imaginer dix moments spectaculaires, mais si le client doit simultanément écouter une explication, regarder une projection, filmer son assiette, parler à son voisin et manger avant que le plat refroidisse, l’expérience devient paradoxalement moins riche.

Elle devient chargée.

Pour The Menu, nous conseillerions donc volontiers d’avoir déjà vu le film. Pas parce que l’expérience est incompréhensible autrement, mais parce que cela libère de l’attention pour ce qui se passe dans l’assiette.

Ce qu’en pensent les autres clients

Notre expérience reste celle d’une soirée, dans un lieu précis, avec un film précis.

Il était donc indispensable de regarder ce que racontent les autres clients.

Au 4 octobre 2026, la fiche Google de Cinema Culinair affiche 4,6 sur 5 pour 894 avis. Il s’agit de la note globale du concept, pas spécifiquement de la représentation gantoise à laquelle Murphy a assisté.

Les témoignages Google mis en avant par Cinema Culinair reviennent régulièrement sur trois éléments : l’originalité du concept, la précision du timing et la fluidité du service. Plusieurs clients parlent également d’une seconde visite, ce qui est particulièrement intéressant pour une expérience qui pourrait facilement souffrir d’un effet « à faire une fois ». Il faut néanmoins garder en tête que les témoignages reproduits sur le site de l’organisateur sont sélectionnés par celui-ci.

Nous avons donc regardé ailleurs.

Le média culinaire Culi Amsterdam a testé une représentation de Ratatouille en mai 2026. Son avis rejoint assez bien le nôtre : le format fonctionne par la combinaison du film et de la nourriture, mais il ne faut pas l’aborder comme un dîner de fine dining classique. Le média pointe également une caractéristique évidente mais importante : pendant la projection, la conversation avec ses voisins devient secondaire.

Sur Reddit, les quelques témoignages disponibles concernant l’alternative végétarienne ou vegan sont plutôt positifs. Un visiteur souligne cependant que certaines alternatives végétales lui avaient semblé moins élaborées que les plats carnés. L’échantillon est minuscule et ne permet évidemment pas d’en faire une généralité, mais le signal mérite d’être mentionné.

Le plus intéressant est finalement la cohérence des retours.

Les clients semblent juger Cinema Culinair moins comme un restaurant que comme une soirée complète.

Et cela change profondément la perception du prix.

89,95 euros : cher pour sept petits plats, ou cohérent pour une soirée ?

Au moment de notre vérification, The Menu est proposé à partir de 89,95 euros par personne, film et dîner compris. Les boissons sont en supplément. Le film est diffusé en anglais avec sous-titres néerlandais et une option végétarienne est prévue.

89,95 euros pour sept petites portions ?

Pris uniquement sous cet angle, le client peut commencer à faire des divisions.

Mais il ne paie pas uniquement sept assiettes.

Il paie une salle transformée, une projection, une infrastructure audiovisuelle, une brigade, du personnel de service, une billetterie, une production événementielle, une scénographie, des droits liés à la représentation et surtout une synchronisation impossible à reproduire dans un restaurant conventionnel.

Cela ne signifie pas automatiquement que le prix est bon.

Et sans accès aux comptes de l’entreprise, HorecaTalk ne va certainement pas prétendre connaître la rentabilité du modèle.

Mais cela illustre parfaitement une question qui traverse actuellement l’horeca :

à partir de quel moment un client arrête-t-il de comparer le prix de son assiette pour commencer à évaluer la valeur de son expérience ?

C’est précisément l’un des intérêts économiques de l’horeca expérientiel.

Le restaurateur ne cherche plus uniquement à augmenter la valeur perçue de son produit.

Il élargit ce que le client considère comme étant le produit.

Allergènes et personnalisation : la face moins glamour de la standardisation

Le modèle montre aussi ses limites.

Cinema Culinair publie un tableau détaillé des allergènes et propose une option végétarienne pour plusieurs services.

En revanche, l’organisation précise qu’elle ne peut pas modifier individuellement les plats en fonction de chaque allergie ni échanger librement certains éléments du menu. Elle avertit également qu’elle ne peut garantir l’absence de traces liées aux contaminations croisées.

Ce point mérite d’être regardé sans jugement simpliste.

Plus une expérience repose sur la synchronisation et le volume, plus une personnalisation extrême devient difficile.

Pour les professionnels, cela rappelle une règle parfois oubliée :

la meilleure promesse client n’est pas celle qui dit oui à tout. C’est celle que l’exploitation est réellement capable de tenir correctement et en sécurité.

Couloir en briques de l’ancienne usine textile Eskimofabriek à Gand.
L’Eskimofabriek rappelle combien le lieu participe au produit final. Photo : Murphy Vanmol, Up For It.

Ce que les professionnels de l’horeca peuvent réellement reprendre

Tout restaurant n’a évidemment pas besoin de transformer sa salle en cinéma. L’intérêt de Cinema Culinair est ailleurs. Plusieurs mécanismes sont transposables à des concepts beaucoup plus simples.

  • 01Formuler une promesse compréhensible immédiatement.

    « What you see is what you eat » explique le concept en quelques secondes. Si la proposition d’un établissement nécessite cinq minutes d’explication avant que le client comprenne pourquoi il devrait venir, le positionnement mérite probablement encore du travail.

  • 02Scénariser le service, pas seulement le décor.

    Cinema Culinair fonctionne parce que l’ordre des actions est pensé. Commande des boissons, placement, briefing, lancement du film, arrivée des assiettes, compte à rebours, pause et débarrassage font partie d’une seule mécanique. Une expérience client forte repose souvent davantage sur la chorégraphie que sur la décoration.

  • 03Utiliser la standardisation comme outil de qualité.

    Une carte imposée et un rythme commun réduisent certaines libertés, mais permettent d’exécuter quelque chose qu’un fonctionnement totalement individualisé rendrait beaucoup plus fragile.

  • 04Traiter le lieu comme une composante du produit.

    Lumière, acoustique, visibilité, circulation du personnel, distance avec la cuisine et encombrement des tables influencent directement l’expérience. La beauté d’un espace ne garantit jamais son efficacité opérationnelle.

  • 05Protéger l’attention du client.

    Toute activation supplémentaire a un coût cognitif. Une présentation trop longue, une vidéo, un QR code, une animation, une musique trop forte ou un serveur qui explique un plat au mauvais moment peuvent se cannibaliser. Une bonne expérience ne consiste pas à remplir chaque seconde.

  • 06Faire en sorte que l’assiette survive au concept.

    L’effet spectaculaire peut déclencher une première réservation. La qualité du produit détermine si le client estimera avoir réellement bien dépensé son argent.

  • 07Penser la répétition dès le départ.

    Cinema Culinair conserve son principe tout en changeant les films et les menus. C’est une force. Une expérience qui ne possède qu’un seul effet de surprise risque de fabriquer beaucoup de primo-visiteurs et très peu d’habitués.

Sur ScienceDirect, on voit que la recherche académique publiée en 2026 sur la mise en scène d’expériences de restauration arrive d’ailleurs à une conclusion comparable : une expérience engageante ne se résume pas au décor. Elle exige du leadership, une exécution performative cohérente et une organisation capable de soutenir cette promesse au quotidien.

Dit plus simplement :

l’immersion n’est pas ce que vous ajoutez au restaurant. C’est ce que vous arrivez à faire fonctionner ensemble.

Le véritable risque : confondre expérience et effet spécial

Le dîner immersif attire parce qu’il est spectaculaire.

C’est aussi son principal danger.

Un projecteur n’est pas un concept.

Une animation sur une table n’est pas une expérience client.

Un décor Instagrammable n’est pas un business model.

Les spécialistes de l’hospitality expérientielle de Katalyst Labs insistent justement sur ce point : lorsque la technologie porte seule la proposition de valeur, la nouveauté s’use rapidement. Ce qui demeure doit être le parcours client, la qualité du service, la nourriture et la cohérence de l’ensemble.

Cinema Culinair possède ici un avantage intéressant.

Si l’on retire les écrans, l’idée centrale reste compréhensible : manger une histoire selon une séquence précise.

L’écran amplifie la proposition.

Il ne l’invente pas entièrement.

Alors, est-ce que Cinema Culinair vaut le coup ?

Pour Murphy, oui.

Pas parce que tout était parfait.

L’acoustique de l’Eskimofabriek a compliqué certains dialogues. La faible lumière ne rendait pas toujours justice au dressage. Les assiettes restées sur table entre certains services réduisaient progressivement l’espace disponible. Et découvrir The Menu tout en analysant les plats demandait parfois de choisir entre l’écran et l’assiette.

Mais l’essentiel fonctionne.

Le service parvient à faire oublier une grande partie de la complexité logistique qui se trouve derrière.

Et c’est probablement le plus beau compliment que l’on puisse faire à une opération de ce type.

Le client voit un film.

Il reçoit une assiette.

Il compte jusqu’à cinq.

Il mange.

Tout semble simple.

Pourtant, derrière ce geste, une cuisine, une salle, une technique audiovisuelle et un planning doivent tomber juste au même moment.

Une expérience horeca mémorable ne naît pas du nombre d’effets que l’on ajoute autour du client. Elle naît lorsque le produit, le service, le lieu, le rythme, le son, la lumière et le récit racontent tous la même chose.

Pendant quelques heures à Gand, Murphy n’a donc pas simplement regardé The Menu.

Il a mangé dedans.

Reportage terrain, expérience culinaire et regard technique : Murphy Vanmol. Analyse sectorielle, contextualisation et rédaction : Marie Struglia.

Transparence éditoriale : Murphy Vanmol a acheté et payé sa place. Cinema Culinair n’a pas relu, corrigé ni validé cet article avant publication.

Infos pratiques : Cinema Culinair et The Menu

Au moment de la publication, The Menu est proposé par Cinema Culinair à partir de 89,95 euros par personne. La formule comprend le film et sept services. Les boissons sont vendues séparément. Le film est en anglais avec sous-titres néerlandais. Une option végétarienne est disponible. Les allergènes sont documentés, mais les plats ne peuvent pas être adaptés individuellement à toutes les allergies. Cinema Culinair programme des événements dans plusieurs villes aux Pays-Bas ainsi qu’à Gand en Belgique.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que Cinema Culinair ?

Cinema Culinair est un concept de cinéma culinaire dans lequel les spectateurs mangent des plats inspirés du film au moment précis où ceux-ci apparaissent à l’écran. La synchronisation entre film, cuisine et service constitue le cœur de l’expérience.

Combien coûte Cinema Culinair avec The Menu ?

Au 4 octobre 2026, le tarif affiché pour The Menu commence à 89,95 euros par personne pour le film et le dîner. Les boissons sont en supplément.

Cinema Culinair existe-t-il en Belgique ?

Oui. Cinema Culinair a commencé à organiser des événements en Belgique en 2025, notamment à Gand et Anvers. Gand fait toujours partie des destinations présentées par l’organisateur.

Faut-il avoir vu The Menu avant Cinema Culinair ?

Ce n’est pas obligatoire. Après son expérience à Gand, Murphy Vanmol le conseille néanmoins : manger, analyser son assiette et suivre simultanément un film que l’on découvre peut diviser l’attention.

Note de la rédaction

Cet article combine une expérience de terrain et une analyse sectorielle. Murphy Vanmol a assisté personnellement à la représentation du 2 octobre 2026 et a payé sa place. Marie Struglia a complété son reportage par des recherches sur le concept, les avis clients, les formats comparables et les enjeux de l’hospitality expérientielle. Cinema Culinair n’a pas relu ni validé cet article avant publication.

Sources

Les informations factuelles, données pratiques, éléments de contexte et comparaisons internationales mentionnés dans cet article ont été vérifiés à partir des sources suivantes :

Pour la partie reportage terrain, l'article s'appuie également sur les observations et notes prises par Murphy Vanmol lors de la représentation du 2 octobre 2026 à Gand, ainsi que sur son article initial.